17 mai 2020
VI Dimanche de Pâques, année A
« Si vous m'aimez » (Jean 14,15).
C'est par cette déclaration que s'ouvre le passage de l'Évangile de ce sixième dimanche de Pâques (14,15-21).
Tout le reste du passage semble dépendre de cette proposition hypothétique initiale, tout dépend d'ici, de l'amour ou non du Seigneur Jésus.
L'aimer est la prémisse fondamentale, la porte qui ouvre à toutes les conséquences que les versets suivants décrivent.
La première est que si nous l'aimons, nous gardons ses commandements.
Cela signifie que l'obéissance à la Loi, qui était impossible pour l'homme marqué par le péché, est à présent de nouveau possible pour l'homme racheté, pour celui qui vit dans l'amour. L'homme, s’il s’appuie sur ses seules forces, est incapable d'obéir : toute l'histoire d'Israël est là pour le prouver, car le péché érode la confiance, et donc la relation. L'homme marqué par le péché demande un signe, met le Seigneur à l'épreuve et, à la fin, obéit à ses propres craintes, à sa propre volonté de se sauver par lui-même. Pour celui qui aime, la vie est autre chose, et le signe que l'on est dans l’amour est précisément l'obéissance, c'est-à-dire le fait de faire confiance à la parole d'autrui, de la suivre.
La seconde est que si nous l'aimons, Jésus priera le Père, et le Père nous donnera un autre Paraclet, qui restera avec nous pour toujours (Jn 14, 16). Paraclet est un terme juridique qui désigne la personne qui, dans les procès, se tenait aux côtés de l'accusé et assurait sa défense contre tous. Pour qui aime le Seigneur, il n'y a donc plus aucune condamnation d'aucune sorte. L'accusateur, en effet, selon Jean, est le diable, celui qui met notre péché au centre, celui qui nous traite comme des pécheurs, comme des insolvables. Le Paraclet, au contraire, nous rappelle ce qui nous fait vivre, nous rappelle Celui qui, pour nos péchés, a traversé la mort, Celui qui est mort pour nous pardonner.
Nous ne sommes plus seulement des pécheurs, nous ne sommes plus non plus des orphelins (Jn 14, 18). Et c'est la troisième conséquence qui est donnée à celui qui aime le Seigneur Jésus. Nous sommes des personnes que le Seigneur vient visiter continuellement, vient visiter d'une manière nouvelle, en nous offrant sa propre vie, sa propre relation avec le Père.
Cette relation entre Jésus et le Père reste invisible pour celui qui ne croit pas et pour celui qui n'aime pas : Jésus dit en effet que sa Pâque ouvrira un temps nouveau, dans lequel le monde ne le verra plus (Jn 14, 19). Les croyants, au contraire, le verront d'une nouvelle manière, ils le connaîtront d'une nouvelle manière, ils sauront que le Père est en Jésus et Jésus dans le Père.
Cela se produira parce que les disciples partageront la même vie dans laquelle l'un vit dans l'autre, parce que celui qui aime participe à cette relation, qui est une relation d'amour.
Jésus l'explicite au verset 20 : « En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. » : il ne s'agit plus seulement de savoir que Jésus vit dans le Père et le Père en Jésus. Il y a quelque chose de nouveau, de grand : « ...et vous en moi et moi en vous ».
C'est-à-dire que cette même vie que le Père et le Fils partagent dans l'unique Esprit est maintenant donnée aux croyants, qui vivent cette même vie, qui ont cette vie en eux.
« Si vous m'aimez », a dit Jésus au début du passage.
Si vous vivez dans l'amour, c'est l'horizon devant vous, un horizon de Vie vraie, capable de générer des relations nouvelles.
L'Église est cet espace d'amour, où circule la Vie du Père, qui vit dans le Christ, qui vit en nous.
+Pierbattista
